Dans le cadre d’une série documentaire de France 3 sur cette jeunesse invisible vivant loin de Paris, la réalisatrice Séverine Vermersch a choisi de filmer la bande de son fils Josse et de la suivre lors de ce délicat passage de l’enfance à l’adolescence.

Séverine Vermersch, réalisatrice et deux des jeunes héros du documentaire « La bande du 2-9 » : Montaine et Josse.

Josse, Léa, Konogan, Montaine, Romane et Loïza, ont entre 12 et 15 ans. Ils entrent tout juste dans le monde de l’adolescence ou y sont déjà de plain-pied. Ils grandissent à Penmarc’h au bout du Finistère dans des milieux très différents, « loin des radars ».

La réalisatrice Séverine Vermersch a entrepris de les suivre « de l’été à l’hiver, de l’insouciance au moment des grandes décisions, de la 4e à la 3e, à la frontière de l’enfance quand ils vont devoir faire des stages, des choix d’orientations, des choix de vies ».

Retour Sommaire

« Les jeunes vivent extrêmement bien ici »

Depuis le début du projet il y a quelques mois déjà, elle a engrangé des heures de rushes, saisi ces moments de joie lorsqu’ils se retrouvent aux beaux jours pour plonger de la digue, lors de séances de skate à Tronoën ou manger une crêpe chez Marie Cath, la paillote du bout de la plage de Pors Carn, où on croise des stars de la Comédie française. Elle les trace aussi au cours de leurs déplacements sur le territoire ou va à leur rencontre sur leurs terrains de jeux. Certains sont passionnés par le foot ou le judo quand d’autres vibrent pour les vagues et le surf.

L’été a fait place à l’automne avec le retour sur les bancs du collège Laennec et l’arrivée de la fête foraine de Tréminou tant attendue. « Au fur et à mesure du tournage, le ton devient plus grave avec des journées plus courtes et aussi les inquiétudes pour les stages de 3e qu’ils peinent à décrocher », décrit la réalisatrice dont le film vient confirmer que «  les jeunes vivent extrêmement bien ici ». «  Et c’est aussi un piège, dit-elle, car ils ne veulent pas en partir ».

Retour Sommaire

Un film choral fait avec eux

La période de confinement a un peu modifié ses plans mais de la contrainte naît aussi la créativité. Les jeunes n’avaient plus que leurs écrans pour communiquer entre eux. Elle leur a demandé de se filmer et a éduqué leur regard sur l’image. « Cela va donner un film avec plein d’images différentes dont la note principale sera mon point de vue avec des images tournées avec la caméra posée  », détaille Séverine Vermersch, qui est aussi consultante en scénario pour le Groupe Ouest. C’est là qu’elle a rencontré la productrice Gwenaëlle Clauwaert qui voit en elle «  une grande raconteuse d’histoire ». L’idée est de faire un film choral, intitulé « La bande du 2-9 », à l’instar de son dernier documentaire « Dans leurs yeux », conçu à partir d’images d’archives de marins.

« Ce qui m’intéresse par-dessus tout ce sont les équipages, le groupe, comment les uns et les autres partagent des choses à l’adolescence et évoluent ensemble ou pas », complète cette dernière, dont le rêve serait de les suivre pendant dix ans. « J’ai toujours eu l’envie de faire des films avec les gens et non pas sur les gens, qu’ils ne soient pas juste utilisés pour les besoins du film mais que l’expérience du film soit une aventure qu’on vive ensemble ». Consciente de leur demander beaucoup, elle a dernièrement réuni parents et enfants pour leur expliquer sa démarche mais aussi leur montrer des extraits des documentaires qui l’ont inspirée comme « Ceux qui possèdent si peu » de Vincent Maillard ou « L‘île aux trésors » de Guillaume Brac.

Le tournage va se poursuivre jusqu’à mi-janvier et après une phase de montage, le film produit par Ten2Ten avec Mille et Une Films devrait être diffusé en avril.

Montaine, 15 ans, est inscrite à la section surf du collège Laennec.

Le Télégramme 12 octobre 2020

Retour Sommaire