La Gwerz de Penmarc’h au Collège

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Nicole Pochic et Gustave Jourdren sont venus, hier, au collège Laennec, pour transmettre leur connaissance du Pays bigouden à des élèves de 5e. La gwerz de Penmarc’h a permis d’illustrer en paroles « Un squelette dans la falaise », l’investigation interdisciplinaire menée par les adolescents. Hier matin, les vers de la gwerz de Penmarc’h, portés par la belle voix de Nicole Pochic, octogénaire penmarchaise et gardienne des gwerz en Pays bigouden, ont résonné dans le CDI du collège Laennec. Cette complainte conte l’histoire d’un navire de la flotte d’Audierne qui, de retour de Bordeaux, s’est fracassé sur les étocs de Penmarc’h. La gwerz, transmise oralement de génération en génération, daterait du XVe siècle ! Elle accuse les Penmarchais d’avoir provoqué l’échouage du bateau en allumant un feu dans leur clocher : « Les juges de l’amirauté n’ont pas prouvé l’existence de naufrageurs, seulement des pilleurs », raconte Gustave Jourdren, le grand-père d’une élève, venu apporter sa connaissance de l’histoire locale.

Illustrer une hypothèse

Ce naufrage fait partie des hypothèses fournies par les élèves d’une classe de 5e, qui, dans le cadre des enseignements pratiques interdisciplinaires (Le Télégramme du 5 décembre 2015), planchent sur l’origine des squelettes découverts en 2006 sur le sentier littoral entre Penhors et Pouldreuzic : « Il s’agit de mêler SVT et français pour faire enquêter les élèves sur la présence d’ossements dans ces dunes », explique Jean-Marie Robin, professeur de SVT et encadrant du projet avec Lomig Le Pape, professeur de français. Les scénarios possibles sont nombreux : mise au jour d’une sépulture ancienne, pillage de Penmarc’h en 1595, naufrage du navire « Les droits de l’homme » sous la Révolution, échauffourée entre douaniers et contrebandiers au XVIIIe ou XIXe siècle ou encore drame sur fond de résistance ou de STO durant la Seconde Guerre mondiale.

Une loi datant de Louis XIV

Nicole Pochic a, elle, sa petite idée sur le sujet : « C’est sûrement les naufragés des « droits de l’homme ». Une loi datant de Louis XIV interdisait de traverser les villages avec les corps des marins, pour éviter la propagation du scorbut. On les enterrait alors dans les dunes ». Difficile de dégager avec certitudes les raisons de la présence du squelette, « il faudrait avoir accès aux registres du procureur pour obtenir les résultats de la datation », poursuit Jean-Marie Robin, mais cette enquête permet aux élèves de s’initier à la recherche documentaire, d’en apprendre plus sur la datation d’un squelette et d’observer le relief de la côte et son évolution avec des sorties sur le terrain.

Nouvelles et articles scientifiques

« C’est excitant tout ce mystère », lance d’un air passionné Simon, élève de la classe qui rédige, avec deux de ses camarades, le récit d’un groupe de résistants fusillés par les Allemands sur les dunes de Penhors. Un mystère qui va amener chaque groupe d’élèves à produire nouvelles ou articles scientifiques qu’ils feront figurer dans un e-book afin de participer à l’opération « Jeunes reporters des arts et des sciences ».

Voir en ligne : Article du Télégramme